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Crise du logement : quand la location touristique évince les résidents locaux

À Vieste, sur la côte des Pouilles, le surtourisme pousse le parc locatif hors de portée des habitants, comme le résume un titre diffusé sur inkorr.com.

Crise du logement : quand la location touristique évince les résidents locaux

Le signal n'a rien d'italien: le Sydney Morning Herald chiffre à environ 12 000 le nombre de logements basculés vers le court séjour en Australie-Occidentale, sur la base d'un registre d'État récemment mis en place. Pour qui tient un meublé sous les arcades ou cherche simplement à se loger à Louhans, la mécanique mérite d'être lue à la loupe — elle change la fonction du mur avant d'en changer le cachet.

Quand le mur devient flux

Le court séjour n'est pas qu'un confort de voyage: c'est un convertisseur de stock résidentiel en produit de placement. À Fremantle, d'après les données relayées par le quotidien australien, on compte 22 annonces Airbnb non hébergées pour chaque logement locatif privé disponible — 534 annonces au total, dont 65 % émanent de propriétaires détenant plusieurs biens. À Augusta–Margaret River, Shelter WA recense 859 meublés Airbnb non hébergés face à 20 locations longue durée; Inside Airbnb en dénombre même 956. Quand plus de 90 % des annonces portent sur des logements entiers plutôt que sur une chambre isolée, on n'est plus dans l'hospitalité: on est dans la substitution pure, et le bâti ancien y passe avec le reste.

Le levier politique, et ce qu'il dit aux hébergeurs

Les Verts d'Australie-Occidentale ont déposé au parlement une motion demandant un moratoire sur les nouvelles autorisations de court séjour, suivi d'une taxe sur les locations non hébergées, comme le rapporte le Sydney Morning Herald. Le député Tim Clifford rappelle qu'environ 56 % des propriétaires de court séjour non hébergés détiennent deux logements ou plus — marqueur d'industrialisation, pas de complément de revenus. Le rapport Shelter WA cité, sobrement intitulé Death by 10,000 Cuts, estime que la réintégration d'un seul tiers de ces biens au locatif de longue durée doublerait l'offre disponible. L'État de Victoria a déjà introduit une taxe similaire, jugée efficace selon Clifford. Quand la fiscalité corrige l'angle mort, c'est que l'angle mort faisait déjà du chiffre.

Trois réflexes à garder en tête, côté Bresse

Pour un hébergeur de caractère ou un voyageur attentif, la leçon ne tombe pas du ciel — elle s'applique dès qu'un bourg à cachet se densifie. Premier réflexe: consulter la part de logements entiers proposés en location courte dans la commune; plus le ratio grimpe, plus la fonction résidentielle recule. Deuxième réflexe: vérifier si la commune ou l'intercommunalité impose un registre, un changement d'usage ou un numéro d'enregistrement, à l'image du registre ouest-australien. Troisième réflexe, le plus défensif: poser une durée minimale de séjour ou réserver l'activité à la résidence principale, seul rempart crédible contre la transformation du logement en produit financier. Louhans reste à l'écart de la vague, mais la houle gagne vite les bourgs à cachet.